C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

22 avril 2014

Ces jardins extraordinaires…

Un coin de la Bambouseraie (Anduze tourisme J)
Se rendre à la Bambouseraie, ce lieu merveilleux, est toujours un immense plaisir, quelle qu'en soit la raison. Il y a quelques jours ce fut à l'occasion de l'inauguration du jardin baptisé " Une idée du paradis "  installé par un maître jardinier, Luc Echilley, lauréat du concours du Carré des Jardiniers 2013. Cette installation, dont le bambou dans ses différentes variétés en est la principale vedette, est accompagnée judicieusement par une magnifique exposition de photographies sur le thème de la maîtrise du bambou en architecture.
Parmi les nombreux invités de marque de Muriel Nègre et Simon Crouzet, la présence exceptionnelle d'Alain Baraton, Jardinier en chef du domaine national de Trianon et du grand parc de Versailles, a apporté sans conteste un cachet particulier à cette manifestation ! Si cet homme simple et jovial a su trouver facilement les mots pour rendre hommage à son jeune collègue primé, son déplacement dans nos Cévennes démontre bien aussi tout l'intérêt que portent les plus grands professionnels pour ce grand jardin exotique et unique qu'est la Bambouseraie de Prafrance.
Un jardin magique comme avait dû l'être, en son temps et à sa façon, celui du marquis de la Fare, seigneur de Tornac. Par contre il y a peu de chance pour que Le Nôtre, Jardinier de Louis XIV et du parc de Versailles à l'époque, soit venu l'admirer ! Bernard de Fréminville, dans son ouvrage fort bien documenté au titre de " Tornac, un jardin, deux châteaux, dix seigneurs " nous donne la situation géographique et la description de ce jardin légendaire près du Gardon, documents à l'appui. " Allons donc ! Quel homme raisonnable et responsable oserait prendre le risque d'installer un magnifique jardin dans le couloir d'une possible gardonnade dévastatrice ?! " C'est naturellement la première réaction de ceux qui connaissent bien la colère du cours d'eau lors des épisodes cévenols. Ce fut la mienne, ayant été d'autant plus témoin du phénomène de 2002, mémorable. Alors le marquis et plus récemment Eugène Mazel, le créateur au milieu du dix neuvième siècle du site de la Bambouseraie exposé de la même manière aux crues du Gardon, étaient-ils des fous ou des inconscients ? Non, simplement de riches passionnés qui, ayant au départ de larges moyens propres pour obtenir l'excellence chacun dans leur spécificité, ont pris le risque de choisir les endroits dangereux des meilleures terres avec la proximité immédiate de toute l'eau nécessaire à leurs importants projets. Pour l'anecdote il est intéressant de noter quand même que l'un et l'autre finirent par subir des revers de fortune qui les menèrent à la ruine !
Heureusement pour nous, depuis les toutes premières années du vingtième siècle, la famille Nègre a repris les destinées de la Bambouseraie avec la même passion que son prédécesseur et continuer ainsi son œuvre. Ceci en surmontant brillamment jusqu'à présent les différentes catastrophes naturelles qui ravagèrent le parc. Grâce à un grand savoir faire mais aussi à une opiniâtreté hors norme, elle a réussi à façonner cet endroit atypique pour produire un véritable joyau végétal reconnu dans le monde entier. Quant au jardin du marquis de la Fare, à défaut d'être encore visible de nos jours, il existe définitivement dans notre mémoire collective. Une mémoire un peu plus précise grâce à l'excellent travail de monsieur de Fréminville, même s'il reste sans doute encore quelques réponses à trouver.
Mais, après tout, pour faire un beau jardin, ne faut-il pas quelques zones d'ombre ?…

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