C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

29 septembre 2016

Clara d’Anduze…

Les occasions d’évoquer notre mystérieuse troubadouresse sont rares, aussi c’est avec grand plaisir que j’ai pris connaissance dernièrement d’un article relatant l’inauguration de son premier buste connu au parc des Cordeliers. Ce « papier », paru dans l’hebdomadaire à diffusion nationale « Le monde illustré » du 24 août 1895 (pour les amateurs vous pouvez le retrouver sur le site Gallica de la BNF), montre toute l’importance accordée à cet événement culturel.
C’est la haute époque du Félibrige (association littéraire provençale créée au milieu du dix-neuvième siècle) et la présence de nombreux et quelques fois célèbres félibres – oubliés aujourd’hui – explique le succès populaire de ce genre de manifestation autour de la poésie et la musique. Mais au-delà des noms cités et du caractère documentaire très intéressant de sa description, le journaliste, à travers son style d’écriture, témoigne particulièrement bien de l’atmosphère de son temps. Voici le texte tel quel, avec seulement la correction orthographique de quelques noms :

« C’est à 10 heures du matin qu’a eu lieu la cérémonie d’inauguration du monument. Sur l’estrade avait pris place le maire et la municipalité de la ville, parmi lesquelles M. Malzac, député, des félibres nombreux venus d’Alais, de Nîmes et de Montpellier et de gracieuses dames du félibrige. Après un discours prononcé par M. le maire d’Anduze, M. Paul Mariéton, chancelier du félibrige, a fait tomber le voile qui recouvrait le monument au milieu des applaudissements de la foule et aux accents harmonieux des musiques. MM. les félibres Arnavielle, Delrieu, Paul Mariéton, Jean Carrère, etc., ont pris tour à tour la parole et tout en adressant leurs hommages à la troubadouresse ont jeté des fleurs sur la tombe du félibre Bastidon, président du Comité du monument, mort récemment sans avoir vu le couronnement de l’œuvre à laquelle il s’était voué. A midi, la cérémonie était terminée. Dans l’après-midi, un concours de musique et d’orphéons avait lieu dans le parc des Cordeliers et ensuite une superbe Cour d’amour présidée par de gentilles dames et demoiselles du félibrige alaisien.
Ce parc où s’étalent de beaux palmiers et des échantillons de flores diverses présentait un coup d’œil charmant, animé par une foule considérable et les femmes et les jeunes filles avec leurs robes roses, vertes ou bleues diapraient agréablement les pelouses dont elles semblaient les fleurs vivantes.
La fête s’est clôturée par un banquet félibréen donné dans la grande salle de la mairie. Ainsi a pris fin cette fête en l’honneur de Clara d’Anduze et de la poésie provençale, où ont fait assaut d’esprit les félibres et de beauté les gracieuses Cévenoles et à laquelle sont venues assister en foule les populations de la région. »


La sculpture, en bronze, fut volée sous l’occupation en 1942.
En illustration voici une photo inédite de la disparue, détourée d'origine à la gouache noire. Elle fut offerte encadrée à la mairie d’Anduze par André Puech, imprimeur, à l’occasion des « Fêtes de Clara d’Anduze » le 27 juin 1954. Ce jour-là on inaugurait, sous l’égide de l’association Anduzia, le nouveau et actuel buste en pierre du parc des Cordeliers. Mais ceci est une autre histoire…

Aucun commentaire: