C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

1 avril 2017

Anduze et sa tour de l'Horloge rénovée…

Photo Ronan Pierredon
Photo Gaussent




































Hier nous nous sommes rassemblés pour inaugurer la rénovation interne de l’un des monuments les plus emblématiques de la ville d’Anduze, témoin privilégié de notre histoire locale du Moyen-âge à nos jours. Une histoire plus ou moins mouvementée selon les époques qui lui a laissé de nombreuses cicatrices dans la pierre, qu’elles soient en façade ou au cœur de ses entrailles. Certaines d’entre elles demeurent d’ailleurs encore mystérieuses à ce jour, laissant perplexes archéologues et autres chercheurs chevronnés. 

Il faut dire que cette tour médiévale du quatorzième siècle a subi de nombreux remaniements au cours de sa longue existence, les plus spectaculaires d’entre eux étant sans conteste ceux des seizième et dix-septième siècle, liés à l’arrivée de l’horloge mais aussi aux guerres de religion. Toutes ces transformations, commencées d’ailleurs dès le Moyen-âge avec une construction de l’édifice en plusieurs étapes, ont fini, en se chevauchant, par masquer plus ou moins les marqueurs architecturaux qui permettraient une datation plus précise des différentes modifications. Mais ce sont sans aucun doute ces belles rides qui font aussi le charme de notre vieille dame ; sans compter son statut de survivante au démantèlement des fortifications, ordonné par Richelieu au lendemain de la signature de la Paix d’Alais en 1629. Elle fut épargnée grâce à sa fonction d’horloge de ville. Celle-ci rythme la vie de la cité depuis le milieu du XVI ème siècle et si aujourd’hui nous bénéficions d’un mouvement électrique pour une plus grande fiabilité, les Anduziens entendent toujours le son de la même cloche depuis plus de trois cents ans…

Entre l’appel d’offre de sélection d’un architecte et la fin des travaux, cinq années furent nécessaires. Quand monsieur le maire d’Anduze et moi-même sommes allés défendre notre projet à la direction régionale des affaires culturelles de Montpellier, nous avons tout de suite bénéficié d’une écoute attentive et favorable. Aussi nous n’oublions pas de remercier aujourd’hui le conservateur régional des monuments historiques de l’époque, Delphine Christophe, ainsi que son collaborateur chargé de notre dossier, Jean-Marie Baroy. A la subvention de la DRAC, il faut ajouter avec nos remerciements celles de la Région et du Département qui nous permirent de boucler notre budget global de 240 000 € dont un autofinancement pour la municipalité de 145 000 €.

Prévue pour six mois, il a finalement fallu plus d’un an pour effectuer la rénovation interne de la tour de l’Horloge. Pour ces travaux d’exception, cinq corps de métiers furent à l’ouvrage sous la maîtrise d’œuvre des architectes du patrimoine Frédéric Fiore et sa collaboratrice Maryline Gobin. La municipalité les remercie vivement d’avoir conduit ce projet avec toute la compétence nécessaire, accompagnée d’une grande pugnacité pour arriver à résoudre les différents problèmes rencontrés pendant les travaux, quelques fois épineux, et inhérents à ce genre de chantier où dominent les contraintes patrimoniales.
Maçons, ferronniers, menuisiers, électriciens et horlogers furent présents au chevet de notre gardienne du temps pour exprimer leurs savoir-faire professionnel dont nous pouvons voir le magnifique résultat aujourd’hui.
Un grand merci donc à l’entreprise de maçonnerie SELE de Nîmes, la ferronnerie ROMANO de Combas, l’entreprise SOREA d’Anduze pour l’électricité et l’éclairage, BODET Campanaire de Bruguière (Hérault) pour tout ce qui touche à l’horlogerie et au paratonnerre, et enfin l’entreprise BLACHERE et fils de Bagard pour la menuiserie.

Du rez-de-chaussée à la terrasse sommitale, notre Monument Historique (inscrit en 1978) possède cinq niveaux avec autant de configurations différentes. C’est ce qui a compliqué la mise en place sécurisée des escaliers en fer forgé, du plus bel effet sur les vieilles pierres et dont chacun fut conçu sur mesure en fonction de l’espace disponible.
L’accès le plus délicat à mettre au point a été sans aucun doute le passage du troisième étage à la terrasse, celle-ci n’étant desservie que par un « trou d’homme » circulaire, d’origine et de seulement un mètre de diamètre, traversant la partie centrale de l’épais plafond en coupole. La solution d’un petit escalier hélicoïdal permet maintenant d’accéder, pour quelques personnes à la fois en toute sécurité, aux créneaux de la tour. Une estrade installée sur le pourtour offre une vue inédite sur la ville d’Anduze et ses environs à 360 degrés : un véritable paradis pour les photographes et autres cinéastes amateurs de magnifiques paysages !
Si une partie des aménagements intérieurs sera consacrée à la mémoire anduzienne dans tous les domaines qui ont contribué au cours des siècles à construire une forte identité qui fait aussi sa notoriété, une place importante sera aussi dédiée ponctuellement à la création artisanale locale contemporaine.

C’est pour cette raison que nous avions choisi symboliquement la date du vendredi 31 mars 2017, démarrage de la onzième édition des Journées Européennes des Métiers d’Art. Cette année, le thème est « savoir-faire du lien » et c’est bien cela la préoccupation première de la politique culturelle de la municipalité. Car si nous sommes très attachés et attentifs à notre patrimoine ancien et à notre histoire, nous n’en travaillons pas moins au présent à essayer de susciter des rencontres diversifiées et enrichissantes pour tous à travers manifestations et autres expositions.
Nous remercions donc vivement les trois créateurs locaux d’avoir accepté notre invitation à venir investir les lieux atypiques du monument pendant quelques jours pour nous présenter quelques unes de leurs meilleures œuvres jusqu’au dimanche 2 avril.
Il s’agit de Marie Farenc avec ses créations aériennes en fil de fer, Tom Jung, tourneur et sculpteur sur bois, et Jean Luc Gonzalez, notre relieur d’art.

Grâce à sa restauration et aux espaces inédits désormais accessibles au public, la tour de l’Horloge optimise sa destination patrimoniale et culturelle pour devenir un véritable monument vivant. A l’heure des nouveaux enjeux de l’agglomération d’Alès avec l’agrandissement significatif de son territoire, la Porte des Cévennes conforte, avec la réalisation de ce projet, son image de cité historique, culturelle et touristique pour le bénéfice et le rayonnement de toute la communauté…

2 commentaires:

Hild a dit…

Ce qui marque la spécificité de l'escalier qui conduit à la terrasse, ce n'est pas qu'il soit hélicoïdal (escalier en colimaçon) car la grande majorité des escaliers à vis le sont, c'est à dire enveloppé dans un cylindre (cf l'escalier de secours du collège Florian). Ce qui fait son originalité, voire son unicité, c'est qu'il soit enveloppé dans un tronc de cône : 140 cm environ de diamètre à la base et seulement 100 au niveau du trou d'homme.
Foi de prof de maths.
Jean-Baptiste Hild-Chanson

Phil Gaussent a dit…

Merci pour votre commentaire à la logique implacable : vous êtes certainement la personne avec laquelle j'ai échangé sur ce sujet dans la tour !