C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

27 mai 2018

Anduze, 11 rue Droite…

C’est vrai qu’à première vue la façade de l’immeuble n’a rien d’extraordinaire, à part les tailles hors normes des fenêtres et de la porte d’entrée. Par contre il suffit que l’un des battants de celle-ci soit ouvert au moment où vous passez dans la ruelle pour que votre regard tombe sur la magnifique calade qui recouvre le sol. Les pierres forment des motifs géométriques du plus bel effet, même dans la pénombre, comme une invitation à entrer… Ce large et long porche a tout du passage couvert, avec une grande hauteur de plafond : peut-être que dans le passé cet accès était public et permettait de relier la rue Droite au quartier situé derrière les immeubles, avant la création de la rue Neuve ? Dans le passage et à droite s’ouvre une jolie cage d’escalier agrémentée d’une rampe en fer forgé très bien conservée dont un monogramme et une date nous apprennent qu’elle a été posée en 1769 par le propriétaire d’alors, Antoine Vignolles de Lafarelle…

Quelle belle occasion d’évoquer encore cette vieille famille anduzienne qui a fait partie de l’histoire locale, avec ses consuls et autre maire, durant plusieurs siècles. D’origine noble on retrouve sa trace dès le début du quatorzième siècle avec la possession de divers fiefs dans la région. De ce fait elle a peut-être été la témoin privilégiée de la construction de la tour Ronde, devenue par la suite la tour de l’Horloge !
C’est avec Légier de Lafarelle et son installation avec sa femme au sein de la cité dans le premier quart du seizième siècle que démarre la branche anduzienne de cette Maison particulièrement prolifique à l’époque : lui-même aura huit enfants dont cinq garçons avec autant de branches créées ! C’est son fils aîné, Gaucen (je n’invente rien !), qui poursuivra la branche d’Anduze. Son dernier descendant mâle, François Félix de Lafarelle, longtemps désiré par ses parents et finalement né en 1800 d’une mère de quarante ans et d’un père de cinquante, est mort en 1872 à Nîmes sans avoir eu de fils, mais deux filles.

J’ai déjà écrit quelques lignes sur François Félix dans le cadre d’un billet (2 - octobre 2016) avec la reproduction d’un article sur les seigneurs d’Anduze dont il était l’auteur. Entre-temps la lecture d’un ouvrage lui étant consacré et qui m’avait échappé – écrit par l’un de ses descendants Edouard Dumas – vint conforter mon opinion quant au caractère exceptionnel du destin de cet homme. Il s’agit de « Des Cévennes… à Nîmes, François Félix de Lafarelle-Rebourguil », édité chez Lacour en 1990. En dehors du cas particulier de François Félix, ce livre traite essentiellement de la généalogie des différentes et nombreuses branches issues de la Maison Lafarelle d’origine jusqu’à notre époque contemporaine. Quelques fois apparaissent dans les tableaux généalogiques des informations étonnantes car inattendues, comme par exemple la présence de Renaud Donnedieu de Vabres, homme politique et ancien ministre de la Culture sous la présidence de Jacques Chirac. Décidément, tous les chemins mènent à Anduze !…

13 mai 2018

Mystères des jetons érotiques de la Rome antique…

Dans le cadre du neuvième week-end numismatique d’Anduze, organisé par l’association du Club Numismatique Cévenol qui fête cette année ses quarante ans d’existence, nous avons pu bénéficier d’un huitième exposé très attendu concernant ce sujet…
C’est peut-être l’occasion de cet anniversaire du club qui a décidé notre conférencier préféré à nous montrer une facette inattendue de sa passion de numismate spécialiste de la période romaine. Laurent Schmitt nous a parlé d’un moyen de paiement atypique de cette époque, ou peut-être simplement d’un laissez-passer, qui aurait permis l’accès à certains services particuliers d’ordre intime et sans aucun doute liés à la prostitution. Mais à ce jour il n’y a encore aucune certitude quant à la destination finale de ces jetons érotiques ou « tessères spintriennes », avec notamment leur rareté qui vient perturber les chercheurs et ajouter au mystère…

Je dois dire que quand Aimé Aigouy m’a transmis le titre de la conférence, accompagné de son illustration où aucune ambiguïté n’était permise sur le thème abordé, une grande stupeur mêlée d’indignation m’envahit, avec une seule interrogation… : pourquoi ne l’avait-il pas proposé plus tôt ?! Il aura donc fallu attendre toutes ces années et une médaille de la ville pour qu’enfin il nous parle d’un sujet qui nous intéresse tous ?! Pour qu’enfin il n’ait plus peur de « donner les jetons » à la municipalité avec une conférence classée X ?…

Ma plaisanterie s’arrête ici car pour nous aucun sujet n’est tabou, à partir du moment où il est abordé avec compétence, intelligence et humour. Des qualités dominantes chez cet homme, en dehors de sa générosité et de sa simplicité, et que nous apprécions depuis déjà un certain temps, rendant ce rendez-vous annuel définitivement incontournable. Certes la nature humaine en tant que telle a quelques fois des aspects grossiers, mais c'est la façon de les appréhender qui peut les rendre vulgaires. Alors, je vous en prie, cher Laurent Schmitt, n’hésitez plus à nous « filer les jetons » …surtout s’ils sont érotiques et que la gravure est belle !
 
Pour terminer, une bonne nouvelle : 2019 devrait voir le retour d’une conférence sur notre ancienne monnaie locale, le « Bernardin », avec des informations totalement inédites. Vivement l’année prochaine !…