C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

6 juin 2020

Le témoignage émouvant de la famille LAURENT… 1

Aujourd’hui et pour vous retrouver, c’est un billet très particulier que je vous propose. En guise d’introduction et pour être de suite au cœur du sujet je vais directement vous soumettre, avec l’accord de son auteur, le courriel que celui-ci m’envoya, accompagné d’une très intéressante photographie ancienne…

« Bonjour,
« En recherchant l’origine d’une photo prise à Anduze au début du 20ème siècle, j’ai découvert avec plaisir votre blog sur l’histoire de la ville de mes ancêtres paternels.
« Je fais appel à votre connaissance de l’histoire d'Anduze pour en savoir un peu plus sur ce document venant d’une ville logée précieusement dans mes souvenirs d’enfance.
« Cette photo est la plus ancienne où figure mon grand-père paternel, Edmond LAURENT, né en 1887 à Alès, mais qui a résidé toute son enfance à Anduze, rue Sainte-Marie.
« Ce grand-père a été apprenti typographe dans une imprimerie d’Anduze en 1903/1904. Sur cette photo c’est le jeune homme dont la tête masque le premier « I » de « IMPRIMERIE ».
« Je cherche à retrouver le nom et l’adresse de cette imprimerie anduzienne, et les traces qui pourraient en subsister aujourd’hui.
« Les 12 personnes figurant sur la photo suggèrent qu’il s’agit d’une entreprise de relative importance pour l’époque.
Les menuiseries des ouvertures (volet métallique et porte à 3 ventaux) sont plutôt celle d’un bâtiment à usage artisanal ou industriel.
« Si on suppose que sur l’enseigne, le nom « Imprimerie » était suivi du nom du propriétaire, le mur de façade devait avoir une longueur de 10 mètres au minimum.
L’écoulement de l’eau sous les pieds des personnages du premier plan doit marquer le centre de la rue, ce qui correspondrait à une largeur de 3,50 à 4 m. environ.
« Voilà ce que j’ai pu raisonnablement déduire de cette photo, et c’est peu, je le reconnais.
« Se pourrait-il que vos connaissances de l’histoire anduzienne et les archives auxquelles vous avez pu accéder puissent apporter un début de réponse à mes questions ? J’en serai très heureux, et je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à ce message.
« Avec mes félicitations pour le niveau de votre blog et mes cordiales salutations,
Pierre Laurent »


Un message qui effectivement attira toute mon attention, d’autant plus avec la présence de cette rare photo rassemblant l’ensemble des salariés d’une entreprise anduzienne dans les années 1900 : un document susceptible d’intéresser, en dehors de celle de monsieur Laurent, plusieurs familles sachant qu’un ou une ancêtre avait travaillé dans une imprimerie de la Porte des Cévennes au début du vingtième siècle.
Il s’agit ici sans aucun doute de l’importante imprimerie Castagnier dont nous retrouvons déjà les divers travaux d’édition au dix neuvième siècle. Au début du vingtième siècle (1907) Castagnier, qui se déclare imprimeur-libraire, s'occupa notamment de la réédition de la notice sur la ville d'Anduze de A. Viguier. Ses locaux étaient installés rue Basse en 1913 ; malheureusement il ne reste aucune trace de ceux-ci aujourd’hui. Bien que peu probable, à l’époque où fut prise la photo (1903/1904) les ateliers pouvaient être à une adresse différente…
Pierre Laurent donne aussi des précisions émouvantes sur son grand-père et ses arrières grands-parents anduziens :

« Pour compléter ce que j’ai mentionné sur mon grand-père dans mon message, son père exerçait le métier de commis-négociant en fruits et légumes et il était surnommé « le sympathique », tandis que sa mère travaillait dans l’usine à soie située au pied du pont sur la rive gauche du Gardon, devenue depuis un lieu de culte (Pierre Laurent veut parler de l’ancienne Filature du Pont dont les locaux abritent aujourd’hui, après transformations, l’Eglise adventiste du septième jour).
« Je joins également un court extrait des mémoires d’enfance de mon père rédigées il y a plus de vingt ans :

« (…) Il vécut pendant son apprentissage à Anduze, des scènes humiliantes pour la classe à laquelle il appartenait.
Bien des années plus tard, quand il nous décrivait la mentalité de l’époque, il n’éprouvait, semble-t-il, aucune amertume mais plutôt de la compassion pour des gens « parvenus » à la fatuité sans limite.
Son atelier se trouvant sur la rive droite du Gardon, le « tout à l’égout » ne posait aucun problème. Notamment le WC (sans eau) patronal qui était rigoureusement interdit aux ouvriers.
Mais, comme il y avait un peu plus loin un lieu d’aisance communal, chacun prenait son temps pour faire une petite promenade et prendre l’air.
Le matin, mon père prenait le chemin de l’école pour suivre les enfants du patron et porter leur cartable (…) »
« Autre temps, autres mœurs, et les entreprises n’étaient pas toujours tendres avec les apprentis … »

Une suite va être donnée à ce magnifique témoignage familial avec cette fois le grand-oncle et un autre corps de métier, celui de charron. Pour ce membre de la famille aucun problème pour situer son lieu de travail à Anduze : ceci grâce à une photographie très précise et exceptionnelle !…

A suivre

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